Les prix en shiatsu

Aujourd’hui, j’ai choisi d’être inconvenante, de dire des gros mots. De parler de choses qu’on ne dit pas dans le bien-être - encore moins en shiatsu.

Mais parce qu’on est entre nous, je vais parler d’argent.

Il y a un mois une journaliste m’a contactée pour un article sur le shiatsu à paraître dans un magazine féminin. Elle avait déjà mené son enquête et s’étonnait des écarts de tarif entre les praticiens de shiatsu.
De 30 à 80 € de l’heure d’après ses recherches.

Comme je le lui ai expliqué…

En 2020, le prix d’une séance de shiatsu d’une heure oscille entre 60€ et 80€. Un peu moins en zone rurale. Un peu plus à Paris.

Il y a aussi le shiatsu low-cost. Le shiatsu soldé comme un gadget high-tech obsolète un jour de Black Friday.
Celui-là fait honte à tous les autres. Oui, je suis politiquement incorrecte.

Il est naturel de vouloir « payer moins ». Pourtant, un prix très (trop) bas a toujours un coût humain et interroge sur le « pourquoi ? ».

Ces praticiens low-cost ont un emploi à côté qui finance leur "loisir rémunéré".
Ils manquent de confiance en eux, fixent des prix bas en pensant « attirer du monde ».
Mais aussi parce qu’à force de ne pas parler d’argent, personne ne leur a appris à fixer leur prix.

Résultat : seulement 20% des praticiens de shiatsu vivent de leur art.
Attention spoiler : aucun d’eux n’est à 30€ de l’heure.

Derrière le prix d’une séance, il y a des coûts

Être indépendant suppose de payer pour pouvoir travailler.

D’un praticien de shiatsu à l’autre, les charges diffèrent selon le statut juridique (micro-entreprise ou société) et le lieu d’exercice (dans un local dédié à domicile ou à l’extérieur, en location ou en propriété, en se déplaçant chez les clients, en ville ou à la campagne).

Mais il y a des charges communes à l’ensemble de la profession :

  • Assurance professionnelle
  • Frais d’adhésion aux associations ou syndicats professionnels
  • Communication (cartes de visite, plaque professionnelle, flyers, site Internet, hébergement web, prestataires)
  • Formation continue (veille, livres, stages)
  • Taxe de cotisation foncière des entreprises (CFE) - que vous ayez un local ou pas
  • Frais liés au local (assurance dédiée même si c'est chez vous, eau, électricité, hygiène, sécurité)
  • Frais bancaires - les tarifs sont beaucoup plus élevés que pour les particuliers

Ces charges sont en majorité fixes. Elles sont donc constantes qu’il y ait des clients ou pas, qu’on soit en état de travailler ou non.
Et aucune n’est à négliger. Soit parce qu’elles sont obligatoires (taxes ou frais bancaires). Soit parce qu’elles participent à la pérennité de l’entreprise.

Pour fixer un prix

Faites le compte de toutes vos charges (frais, cotisations, fournitures, prestataires, etc.), de votre temps, ajoutez votre marge et déduisez-en le tarif horaire à facturer.

Gardez en tête que votre temps de travail n’est pas directement productif à 100%.
Faire la comptabilité, se mettre en conformité avec la loi, se former, travailler à sa communication ne font pas gagner d’argent de manière directe mais c'est indispensable.
Une erreur classique consiste à imaginer que 100% du temps de travail est consacré au shiatsu. On multiplie alors le nombre de séances possibles par le prix de séance pour estimer le chiffre d'affaires. Exemple : je travaille 35h/semaine, je compte 35 shiatsu/semaine. Un chiffres d'affaires calculé ainsi ne peut jamais être réalisé.

Derrière la marge, il y a des choix

L’assurance et la communication sont de bons exemples.

Ce sont deux domaines où il est facile de faire illusion.

On prend une assurance pas cher. Hop, on est assuré-e ! Jusqu’à se rendre compte que l’assurance en question ne couvre pas grand-chose et qu’en cas de problème vous êtes endetté-e à vie.

Pour éviter les désagréments, lisez attentivement vos contrats et si besoin faites-les relire par quelqu’un qui en comprend le sens caché. Le même mot peut avoir un sens différent selon qu’on parle français ou langage juridique.

Il est aussi possible de bricoler des supports de communication sans rien y connaître ou faire appel à un-e graphiste low-cost, qui lui-même tentera de faire tourner son entreprise à moindre frais.

Le low-cost est un système qui s’auto-alimente très bien.
Et pour cause : c’est sa seule possibilité de survie. Si on vend moins cher, on achète moins cher. Et on appauvrit le système dans son ensemble.
Pas de marge = pas d’investissement.

Pas d’investissement sur soi non plus. Donc pas de formation. Tant pis pour les clients ?!

Cela veut dire aussi moins de possibilité de congés (vacances, paternité/maternité) et pas de place à l’imprévu.

L’imprévu, c’est ce truc qui s’invite dans le quotidien : maladie, décès d’un proche, accident, pandémie (covid). C'est totalement hors de contrôle et ça n’arrive pas qu’aux autres.

Derrière des prix bas se cachent :

  • Une absence de formation ;
  • Des rythmes de travail incompatibles avec la qualité des soins ;
  • Des économies d'assurance ;
  • Du travail non déclaré. Moins de personnes payent, plus l'impôt est élevé, c'est mathématique.

Vous l'avez compris, je ne suis pas pour la guerre des prix. Elle fait des ravages dans tous les secteurs où elle sévit.

Le prix participe à une qualité de travail qui profite autant aux clients qu’aux professionnels.

Derrière nos choix, des valeurs

Dans un prix, il y a les valeurs qu'on défend.

C’est comme pour un vêtement.

Personnellement, je préfère en avoir peu mais ceux que je laisse entrer dans ma vie sont une seconde peau. J'en prends soin et je les choisis en fonction de qui je suis et non du sens du vent - de la mode. 

Pour cet hiver, je cherchais un pull.

Pour trouver mon pull idéal, j'ai fait la chasse aux étiquettes (composition et lieu de fabrication), comparé un grand nombre de marques.

J'ai connu une désillusion avec une enseigne qui pratique officiellement des prix élevés mais qui vend à prix bradés toute l'année sur un site spécialisé. La qualité n'y était pas. Je l’ai retourné.

En poursuivant mes recherches, j'ai trouvé mon pull idéal, une pièce de qualité, dans ma matière préférée, fabriquée en France. Seul hic : son prix.

Pourtant, c'était le meilleur choix : je l’expérimente à l'usage.
La qualité payée, je la retrouve à chaque fois que je porte ce pull.

Il est en phase avec mon énergie - pas juste mon énergie du moment mais mon énergie fondamentale. Il correspond à ma façon d'être, de bouger, de vivre. J'y gagne en confort, en force comme en légèreté parce que je sens que c'est parfait pour moi.

C’est ce sentiment de plénitude et de sérénité que je cherche pour mes clients.

Les produits ou les services qui offrent cette sensation sont rarement soldés. Car leur prix soutient leur valeur. Pour créer cette valeur, un environnement de qualité est nécessaire.

La vraie valeur demande du temps, du savoir-faire, de l'exigence. « Ce qui est bon prend du temps » disaient nos grands-mères.

La valeur apparente peut se contenter de marketing. Mais dans ce cas, vous payez ou vous faites payer le marketing, pas la qualité.

On trouve des pulls 100% cachemire à 60 € comme il existe du massage à 40 € de l'heure. Cela répond peut-être à un besoin. Reste à savoir si on achète un prix ou un produit/service qui a de la valeur et qui la transmet.

Tout dépend de votre valeur. La valeur que vous vous accordez mais aussi les valeurs que vous défendez.

Et si vous pensez que la promotion rassure, fait parler, attire, utilisez-la avec mesure pour construire une relation durable avec vos clients.

C’est ce que je fais avec le parrainage ou à l’occasion des anniversaires.

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